Les tendances design et graphisme 2026

Que dira-t-on de 2026 dans 10 ans ? Quelles sont les grandes tendances en design et graphisme ? Les premiers indices révèlent un univers visuel contrasté, où notre fascination pour la technologie s’oppose à notre disposition naturelle à la nostalgie. C’est là toute l’ambivalence de l’esprit humain qui est mise en évidence : on continue d’explorer les possibilités de l’intelligence artificielle avec entrain, tout en cherchant plus d’authenticité.

Les tendances artistiques de 2026 ne sont pas seulement une mode passagère. Elles sont une réponse logique en réaction au bouleversement provoqué par l’IA. Les quatre grands courants qui vont dominer les arts visuels de 2026 font écho à un besoin de retrouver un certain ancrage face à l’évolution (trop) rapide de la technologie. Et finalement, quoi de plus humain que de célébrer le fait-main, l’émotion, l’erreur, et même le chaos ?

Le fait-main : un besoin d’authenticité

On apprécie les gens pour leurs qualités, mais on les aime pour leurs défauts. Voilà que le célèbre adage se décline jusqu’aux créations graphiques : exit les dessins réalistes, les traits bien définis, les textures lisses et les formes parfaites. Les designs se parent de dessins à main levée, les traits tremblent, les textures s’enrichissent et les formes délaissent Pythagore au profit de Picasso. Le design cherche à redevenir humain comme l’analyse avec justesse le magazine spécialistes des arts visuels Étapes.

Ce retour aux arts manuels était déjà présent dans les tendances de 2025, mais il s’accentue en 2026. On s’essaye aux motifs folks : dessins simplistes inspirés de la nature, du monde animal et du quotidien, aux couleurs vives et franches. Les textures telles que le papier, la peinture, le textile et autres font également leur grand retour sur le devant de la scène. L’objectif est d’apporter une dimension tactile et incarnée au design.

On peut penser à la récente campagne de BIC qui en est un exemple parfait, et qui tacle la technologie avec humour.

Campagne stylo BIC 2025
Crédits concept créatif : Maïlys Ménez et Aymeric Lair
Campagne stylo BIC 2025
Campagne stylo BIC 2025

Après une décennie qui a élevé la sobriété au rang de religion, nos yeux apprécient grandement ce regain d’originalité et de créativité, qui invite à la joie et la bonne humeur. Ce retour au fait-main ne signifie pas qu’on va complètement laisser de côté l’esthétique minimaliste de ces dernières années, il s’agit plutôt d’une fusion. En somme, le minimalisme reste de mise, mais il s’enrichit d’une touche d’excentricité : couleurs vibrantes, dessins, typographies maximalistes, micro-animations amusantes, etc. Cela permet de guider le regard sans risquer la saturation, tout en apportant une personnalité plus affirmée au design .

En bref, le design de 2026 prône l’équilibre entre lisibilité et identité. Fini les visuels lisses et épurés, cette année on cherche à déclencher une réaction : surprise, hilarité, joie… tout est bon pour capter l’attention.

L’émotion : la nostalgie entre en action

Si l’affordance a régné en maître sur le design de ces dernières années, on peut parfois regretter une certaine standardisation des designs. En effet, l’uniformisation des design permet une grande intuitivité pour la prise en main, mais il est vrai qu’une petite touche personnelle peut apporter un charisme bienvenu dans tout ce conformisme.

Pour se démarquer, les designers de 2026 misent sur le charme de la nostalgie pour évoquer une émotion. Même un petit clin d’œil bien trouvé peut toucher rapidement une audience : Tamagochi, disquette, Nokia 3310, MSN, Skyblog, répertoire électronique… Il y a 100% de chances qu’un de ces mots du début du siècle vous ait tiré un sourire, souvenir d’une époque (si vous l’avez connue 😅) !

On peut citer en exemple cette publicité EDF qui reprend un des succès de Lorie, emblématique du début des années 2000.

Les styles de l’an 2000 se réinventent et s’invitent dans les designs contemporains les plus sophistiqués. Le Digi-Cute, le Frutiger Aero, le Skeuomorphism ou encore le Vectorgarden reviennent à la mode. On les utilise par petites touches, pour créer un jeu de références qui, en plus d’interpeller l’audience, crée une connivence immédiate avec ceux qui auront la ref’.

exemple du style vectorgarden populaire au début des années 2000

En résumé : le design ne cherche plus seulement à être efficace, il doit aussi capter l’attention en jouant sur les émotions ! La « rétromanie » devient alors une stratégie payante pour se démarquer.

L’erreur ou le charme du spontané

Autre tendance qui fait souffler un vent de fraîcheur sur nos créations : l’erreur volontaire et la spontanéité ! Les designs de 2026 s’accompagnent de photos prises sur le vif. On joue avec des lumières trop crues ou trop sombres. On laisse la place au flou, aux cadrages décalés. On préfère le grain à la netteté. On ne pose pas, mais on saisit l’action qui se déroule. On ose les ratures, les déchirures, les imperfections.

Et on adore la nouvelle DA de l’album Jardin de Roméo Elvis et Oscar and The Wolf, pile dans cette tendance !

album Jardin par Roméo Elvis et Oscar and The Wolf
Crédits direction artistique et design graphique : Davy Denduyver
Album Jardin vu côté verso par Roméo Elvis et Oscar and The Wolf

Un genre qui séduit de plus en plus, en réaction aux visuels trop propres et trop lisses générés par les IA. L’erreur est humaine et elle devient un gage d’authenticité. Dans nos sociétés où chacun présente une image de soi très sélective sur les réseaux, cet élan de spontanéité nous rappelle que laisser un peu de place à l’improvisation c’est aussi créer un espace de liberté et de bienveillance.

Bien sûr cette spontanéité est toute relative puisqu’elle est savamment anticipée, mais pour les marques en quête d’une communication moins figée, elle est un choix pertinent.

Le chaos créatif : une réponse visuelle à l’IA

De la spontanéité au chaos, il n’y a qu’un pas ! En 2026, la créativité s’exprime dans son état le plus pur : on laisse le hasard guider son trait, on confectionne des collages bizarroïdes, on s’inspire du surréalisme pour créer des images décalées, emplies de charme et de personnalité. Comme le dit Pinterest : “en 2026, on mix unmatch.”

Le chaos c’est l’audace d’être soi, sans filtre et sans artifice. Les créations tendent vers une forme d’hyper-individualisme radical, où l’œuvre n’a de sens qu’à travers le prisme de l’identité. Les formes, les textures, les angles de vues, les esthétiques se superposent dans un joyeux capharnaüm. On peut aussi manipuler le regard en misant sur les illusions d’optique et des effets psychédéliques pour obtenir des rendus singuliers et captivants.

En voici un bel exemple avec la campagne de Noël 2025 de Diesel, une marque qui a toujours véhiculé une identité à contre-courant.

Capture d'écran du site Diesel de la page "Guide des cadeaux des fêtes"

Cette tendance signe aussi le retour de l’esthétique “zine” (inspirée des fanzines), avec des lignes éditoriales engagées, dont chaque élément raconte une histoire. Ici pas de grille, la mise en page fait déjà partie de la narration et donne du rythme au graphisme. Une esthétique idéale pour les marques à la recherche d’une image forte, indépendante et rebelle.

2026 : en route vers une année charnière

Cette année sera déterminante dans l’évolution du rôle de l’IA dans la création. D’autant plus qu’avec les progrès fulgurants de la technologie et la rapidité de son évolution, il va devenir de plus en plus difficile de faire la différence. Côté studio, on intègre prudemment cette nouvelle technologie. Côté annonceurs, on teste et on analyse la réception qui en est faite. Côté public, l’accueil pour les créations 100% IA reste plutôt mitigé.

Les récents exemples l’ont démontré, le grand public n’est pas prêt pour une bascule complète et immédiate. Il n’y a qu’à voir le succès réservé à la publicité Intermarché, réalisée “à l’ancienne”, c’est-à-dire par un studio d’animation, tandis qu’une publicité McDonald’s, 100% made in IA, a eu droit à un accueil encore plus froid que la saison, et a même fini par être retirée.

scène tirée de publicité d'Intermarché par le studio Illogic

La publicité d’Intermarché par le studio Illogic

Certains s’en félicitent et y voient un espoir que le changement s’arrête aux portes des artistes. D’autres moins optimistes se demandent si ce n’est pas déjà le dernier soubresaut d’un monde créatif destiné à changer profondément. Quand on pense que l’écriture a signé la fin de la Préhistoire, on est en droit de se demander de quoi l’invention de l’écriture autonome est la fin ?

Print & design : un rôle clé dans ce nouveau paysage

Pour les créateurs et les marques, l’enjeu sera aussi de comprendre les attentes de leur public et d’évaluer leur degré de réceptivité à l’IA et leur besoin d’humanisation. Ce n’est pas complètement nouveau, car la question s’est posée dès le début de la digitalisation des services et des comportements d’achat. On a simplement changé d’échelle. Jusqu’ici la question se limitait à comment humaniser l’expérience en ligne des utilisateurs. Demain, c’est toute la relation consommateur-entreprise qu’il faudra questionner. Chaque marque devra déterminer où elle place le curseur entre humain et digital, et ce choix sera déterminant pour son image.

C’est précisément là que le print et le goodies auront leur rôle à jouer. Ces supports tangibles permettent à la marque d’ancrer son image dans le monde réel et leur design sera particulièrement porteur de sens. Et si vous avez envie de vous lancer, sachez que chez Veoprint on a toujours défendu un modèle hybride, avec un site qui vous permet de commander en ligne facilement, mais qui vous met également très rapidement en contact avec un de nos experts, si vous en avez besoin !

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